In memoriam

J'ai appris mercredi le décès d'une partenaire, une collègue du badminton en Outaouais. Mi-quarantaine, foudroyant cancer du sein.

J'ai fait un tournoi avec elle à Québec pour le plaisir il y a deux ans. Elle était top shape, ses deux garçons étaient là, deux joueurs de badminton également. Elle était tellement gentille, un exemple de bonté.

La mort prend trop vite des gens qui de devraient pas partir.

C'est si triste.

Musée de cire

Faire de la suppléance, ça permet de voir les belles choses qui se font dans les écoles.

Aujourd'hui, j'ai fait une suppléance à l'école Odysée Dominique-Racine, une école assez peuplée, regroupant seulement les élèves de secondaires 3 à 5. Sur la planification de l'enseignant, il y a avait 13h30 : musée de cire.

Je m'informe, tout le monde à l'air de savoir ce que c'est. Au moment venu, je m'y rends et, oh wow!

Pour une dixième année, l'option théâtre créé un musée de cire. Les élèves lisent des pièces (une dizaine d'équipes, une dizaine de pièces) et ils doivent résumer la pièce en 5 tableaux immobiles. Le spectacle dure une vingtaine de minutes, sur fond musical, on entre et il y a une dizaine de scènes différentes dans la salle, chacune représentant une pièce par des élèves magnifiquement costumés et figés, comme des statues de cire. Après environ quatre minutes, la musique change, et tout doucement, les élèves changent de pose, pour illustrer le deuxième tableau, puis, se figent.... 5 tableaux.

Magnifique, bravo!

Liens rapides avant d'aller m'entraîner

Enfin, une mesure qui m'impressionne

Ma soeur a l'tour de trouver des comics savoureux.

Trucs à faire

J'ai trop de trucs à faire. C'est mon genre :

Je m'occupe de l'association régionale de badminton, donc ça fait de la paperasse à envoyer, on organise un tournoi provincial en mars, mais il faut régler des détails techniques tout de suite. Au moins, j'ai réussi à ne pas être la présidente du comité organisateur (même si ça me tentait beaucoup), je serai publiciste. Je dois quand même faire le lien avec Badminton Québec pour l'instant . Et puis on organise une sortie à Vaudreuil-Dorion pour les jeunes, je dois finaliser les inscriptions et voir que tout est bon pour le budget.

Ensuite, il y a mes travaux. Je viens de terminer mon résumé de Suzuki (heureusement que la fin était intéressante, parce que j'en pouvais plus), je dois commencer un travail sur les OGM, en fait je l'ai commencé, et recommencé et je suis complètement perdu, je ne sais pas par quel bout le prendre. Et puis il y a l'inventaire de gaz à effet de serre d'une compagnie que je dois réaliser. Je suis contente, je vais me taper la partie calculs, je laisse le bla-bla à mes deux coéquipières. Sauf que pour faire les calculs, ça me prend des chartes que je trouve seulement à moitié ou ne comprend pas trop, faut d'ailleurs que j'aille voir mon prof pour ça. Il y a un autre travail d'équipe qui commence aujourd'hui, faut faire quoi donc ? Ah oui, on doit analyser une entreprise avec une grille de développement durable. Il y avait une remise de travail aujourd'hui, mais je l'ai remis lundi dernier, yé je suis fière de moi !

Et puis le boulot... J'ai commencé un contrat de recherche à l'Université, mais il est sur la glace, donc je ne sais finalement pas trop quand ça commence. Mais je dois suivre une formation mercredi après midi. La suppléance a commencé à entrer, j'ai fait 3 jours il y a 2 semaines puis 1 jour la semaine dernière, mais dans deux nouvelles écoles qui semblent bien contentes d'apprendre que j'existe. J'ai l'impression que ça va décoller bientôt. Le problème, c'est que je ne sais jamais quand. Heureusement, le chômage rentre.

Ah oui, le badminton. Il y a bien la partie plus administrative, mais physiquement, faut que je sois là aussi ! J'ai recommencé à coacher, quelques sous qui ne sont pas de refus et puis (vous allez dire que je suis folle) ça me manquait. Le contact avec les jeunes que je connais, et qui m'aiment, ça fait du bien. Et moi je joue. Ma blessure semble vouloir me donner une chance. Avec le tapping que ma physio m'a montré, ça fait des miracles. J'ai donc manqué seulement une pratique. Je joue au moins 2 fois par semaine. Et je coach deux fois par semaine individuellement une joueuse débutante qui va dépanner l'équipe universitaire au prochain tournoi, histoire de la mettre à niveau. Les tournois vont décoller : universitaire (Dieu merci, à Chicoutimi) en fin de semaine, régional à Alma ensuite, scolaire au Lac l'autre, fin de semaine de cours à Simoncouche, puis régional à Chicoutimi (l'air de rien, je suis rendu le 12 décembre).

Ah oui, et j'ai recommencé à courir. J'avais manqué un peu de temps dernièrement (ou la paresse, et la blessure...) J'ai quand mémé fait 7,26 km samedi, une moyenne de 5min31 sec du km. J'y retourne tout à l'heure avec ma coloc qui va recommencer également. Mais elle ça fait plus longtemps, j'ai l'impression qu'on va faire un petit 5 km.

C'est tout ? Hummm ouais, je pense bien que ça fait le tour. Ah oui, faut que je fasse le lavage aussi. Et je fais mon lit tous les matins depuis un petit bout de temps ! Merveilleux, non ? Et je me suis aussi tapé Thrue Blood, Big Bang Theorys, Dull House et Chuck dans les dernières semaines.

J'ai donc trop de trucs à faire. Et qu'est-ce que je faisais avait d'écrire tout ça ? Je jouais à un jeu débile sur internet. Je tourne en rond ! Je procrastine. J'ai l'impression de rien faire de mes journées. Je suis un paradoxe humain. J'ai tellement de trucs à faire que je ne sais pas par où commencer, alors tant qu'à ne pas savoir par où commencer, je ne commence pas... Pas brillant. Bon ben 1-2-3-GO ! Je vais commencer par... le travail d'équipe de ce soir tien, je vais jeter un coup d'oeil avant d'aller courir.

Over dose de lecture

Suzuki, c'est bon. Mais c'est long ! Je finis plus de finir. Il me reste 40 pages, un dernier chapitre, et beurk, ça ne me tente vraiment pas.

C'est bon, mais c'est long. Tout est si bien expliqué et justifié que ça ne finit plus. Un moment donné, on comprend le principe. Accouche qu'on baptise !

Mais c'est bon. Tout le monde devrait le lire. Sauf que... une version abrégée ferait tout aussi bien la job, d'après moi.

Allez, 40 pages.... go go go...

Je hais les blessures

J'ai été chanceuse pendant ma jeune carrière de joueuse, je n'a pas souffert de beaucoup de blessures.

Mais dans ma deuxième carrière, j'y suis abonnée. J'ai eu une tendinite à l'épaule qui m'a pris presque 2 ans à guérir et plus de 1000$ de physiothérapie, une entorse à la cheville faite en jouant à la ringuette à l'école, des maux de dos, des élongations à la cuisse...

Depuis septembre, je fais de la physio pour l'ensemble poignet-coude-épaule-dos. Rien de grave, mais toujours un petit quelque chose. Probablement des résidus de la tendinite et de la compensation. Après mon dernier tournoi, je me suis étiré la cuisse, mais ça s'est résorbé rapidement.

Mais là, jeudi, je me suis étiré l'aine. Je HAIS L'AINE ! C'est mesquin, c'est mal placé, ça guérit mal... l'horreur quoi. Encore de la physio... J'espère être correct pour mon prochain tournoi universitaire, dans deux semaines. J'ai appris qu'on pouvait faire un stapping pour l'aine, aussi bizarre que ça puisse paraître.

Je haie vraiment les blessures.

À partir de quoi je reconstitue ma cohérence ?

Nous avons analysé divers textes, tous portants sur la controverse des changements climatiques. Et nous avons tenté de catégoriser les arguments, à partir des catégories dont j'ai déjà fait mention dans un billet précédent : science, éthique, économique, juridique et symbolique.

Généralement, lorsqu'on analyse un texte, peu importe lequel, on a tendance à le classer dans une des catégories. Ce qui est intéressant, c'est que lorsqu'on prend le temps de bien le lire, il y a des arguments d'ordre différent du discours général qui apparaissent. Un discours très scientifique peut, entre deux phrases, glisser un argument éthique, tout à fait subtilement. Ce qui complexifie le discours, et parfois, lui fait aussi perdre de la cohérence, en d'autres mots, créée une confusion catégorielle. Parfois par contre, la cohérence est tout de même là, les diverses catégories semblant se compléter l'une l'autre.

Ça mène où ? Bien dans un premier temps, mieux comprendre ce qui interpelle l'autre, ce qui l'habite, ce qui importe, pour lui. Et ensuite, on peut établir un dialogue, puisqu'on peut élaborer notre propre discours dans la même catégorie.

La question qui nous a été posée est « à partir de quoi je reconstitue ma cohérence ? » Je ne suis pas certaine de bien avoir saisi la question, mais je crois que ça signifie : moi, mes arguments, ils sont dans quelle catégorie ? Et comment je fais pour être cohérente avec ce que je dis, pour ne pas créer de confusions catégorielles ? Pas évident. Je sais que j'ai une forte tendance rationnelle, à me baser sur les arguments scientifiques, presque aveuglément puisque ce n'est pas moi qui mène les recherches, mais j'ai beaucoup confiance en notre système scientifique. Le « vrai » du « faux » est pour moi quelque chose de plus « solide » pour s'appuyer, plus que quelque chose qui est « légal ou illégal » ou bien « bien ou mal ». C'est soit plus artificiel (la légalité), ou moins rationnel (l'éthique). Attention, je ne peux être indifférente aux autres catégories. Il est important de les prendre en compte, elles sont essentielles, mais j'ai plus de difficulté à les manier, à les exprimer et à m'en servir pour appuyer ce que je veux dire. Même chose pour ce qui est rentable ou non rentable (économique) ou ce qui a un sens ou pas (symbolique). M'ouvrir davantage à ces champs d'interprétation des divers aspects est quelque chose qui doit maintenant prendre une plus grande place dans ma façon de comprendre un discours, et éventuellement de bâtir le mien. J'ai de la difficulté à admettre qu'ils sont sur un pied d'égalité argumentaire, mais je ne peux nier qu'ils apportent tous un éclairage différent, et qu'aucun ne puisse être négligé.

Visite en forêt, ouverture sur l'imaginaire.

Qu'est-ce que l'imaginaire ? Je pense que nous ne l'avons pas nommé, pourtant, l'imagination est partie de notre vie, et de notre vocabulaire. Le besoin de le définir n'est peut-être pas si important.

Alors l'exercice de l'après-midi : aller dans le bois, être à l'écoute de notre imaginaire et tenter de le verbaliser. Pour nous mener à quelque chose que j'explique plus bas. Au début, en fait le matin, j'étais réfractaire. Puis, Mme Bouchard est venue faire sa présentation, et j'ai pris une décision consciente de me prêter à l'activité, de m'y ouvrir. Je vais donc aller jusqu'au bout, et verbaliser ce que j'ai vécu, ici.

Où mon imaginaire m'a porté ?

En premier, dès qu'on a mis les pieds dans la forêt, je n'avais pas envie d'être en groupe, et j'avais encore moins envie d'entendre les autres s'exprimer sur leur propre imaginaire (ce que tous devaient faire). J'ai senti le besoin d'être seule, un besoin d'intimité pour pouvoir entendre… Entendre quoi au fait ? Je ne sais pas, écouter puis entendre, ce qui se passait dans mon imaginaire j'imagine. Simplement un feeling, rien de personnel envers les gens qui étaient là avec moi, mais puisque l'exercice était de tenter de matérialiser mon imaginaire, j'ai accepté de vivre ce que je ressentais. J'ai ralenti le pas pour m'isoler un peu. Et je me suis laissé aller. Après, ou pendant je ne sais plus, avoir ressenti le besoin d'être seule, j'ai senti un truc difficile à nommer, proche de l'inconfort sans en être. Je ne sais toujours pas pourquoi, mais ce n'était pas un sentiment étranger à moi, il m'arrive de me sentir comme ça quand je tente de m'introduire à l'intérieur de moi-même. En forêt, c'est un des rares moments où il m'arrive de le faire, consciemment ou pas. Et cette introduction dans mon intimité me rend inconfortable, tout en me faisant me sentir mieux, difficile à expliquer. C'est très paradoxal, comme le reste on dirait : la forêt m'englobe d'un silence qui a un son. C'est comme si le calme de la forêt, pour moi, c'est ça le silence, pourtant, il y a une multitude de sons. Il y a également à la fois un sentiment de plénitude, la grandeur aux alentour, avec l'air qui sens bon, qui sent la fraîcheur, la grandeur des paysages, qui me remplissent et parallèlement à ça, je ressens du vide à l'intérieur, comme si ce qui me remplit normalement fait place à toutes ces choses qui veulent entrer en moi. Autre paradoxe, entrer dans cet « état » fait que tous mes problèmes quotidiens sont tout d'un coup à la fois très présent, et très absents. Dans le sens où, ce vide qui se fait à l'intérieur de moi fait que je ne pense pas à tous ces problèmes, mais à la fin, ces problèmes ont changés, la perspective que j'ai d'eux est différente, ils peuvent être amoindris, ou avoir trouvé une solution, mais sans que je me sois pris la tête avec eux, sans que j'y aie explicitement réfléchis.

Voilà, c'est ce que j'ai été capable de mettre en mots. Quels symboles la forêt représente pour moi, à travers mon imaginaire, je ne saurais dire. Qu'est-ce que la forêt représente pour moi ? Je ne sais pas plus. Mais il est vrai que lorsque j'entre dans une forêt, je vis des choses, auxquelles je ne m’attarde parfois plus, parfois moins, mais je ne peux pas nier que je vis des choses.

Un des buts de l'exercice, tel rediscuté ce matin, était de comprendre que des gens vivent des choses, donnent un sens, consciemment où non, en lien avec des objets, des lieux, des animaux… et ces représentations qu'ils ont, ce qu'ils vivent par rapport à tout ça, est à la base des controverses socio-environnementales. Particulièrement, c'est à la base des différents discours. On peut avoir tendance rejeter du revers de la main des discours qui nous semblent n'avoir aucun sens. Pourtant, ce serait de renier quelque chose qui fait partie d'un être humain, de ce qu'il est, de ce qu'il vit. Moi je vis certaines choses que j'ai tenté de nommer quand je vais en forêt, quelqu'un peut vivre autre chose, qui lui prend encore plus les tripes. Donc prendre conscience de ça, c'est prendre conscience que l'autre a une réalité affectée par son imaginaire. Ça ne veut pas dire qu'on ne peut pas rejeter l'argument, qu'on doit répondre par la positive à chacune des revendications. Mais ça veut dire qu'il faut écouter, tenter de savoir ce qui se cache derrière ces arguments, ces sentiments, ces sens que ces gens donnent à toutes ces choses. Complexifier la problématique pour mieux la comprendre, pour mieux rendre compte de tout ce qu'elle englobe, et pour mieux prendre des décisions, même si au final, elles pouvaient aller à l'encontre d'un discours, au moins, on aura conscience de le faire et de l'impact que ça a, on le fera de façon éclairée, et non aveugle. Et plus respectueuse des individus.

Théologie

Hier matin, lors de notre Séminaire à Simoncouche, nous avons rencontré Mme Nicole Bouchard, Doyenne des études supérieures de l'UQAC.

Et théologienne.

Qui aurait pu croire que la théologie me rejoindrait un jour ? Le religieux ne serait pas lié, intrinsèquement, à l'institution, comme je le croyais. Elle serait plutôt liée au passage, aux transitions. Les gens ont tendance à parler de « spiritualité », mot que je trouve un peu « cliché », et ce que j'ai aimé de cette intervenante, c'est qu'elle partageait cette idée, et plein d'autres, qui m'ont permis d'embarquer avec elle. Donc le religieux, c'est trouver une façon de passer au travers une épreuve, en effectuant un rite, en allant donner un sens à ce passage, cette transition, par des mythes, des symboles. Pour aider à passer au travers les étapes de la vie, par un avant, pendant, et après. Et en acceptant que le après ne sera pas comme le avant. Cette dame est vraiment intéressante, ça m'accroche ces concepts. Parce que nous avons tous besoin de rites de passage, dans les étapes importantes de notre vie, associé à des symboles importants. J'ai toujours été réfractaire à ce genre de truc, mais là, on dirait que pour une première fois, ça vient me chercher. Par exemple, la mort. C'est une question qui me revient, une fois de temps en temps : quand je mourrai, qu'est-ce qui va arriver ? Je ne suis pas baptisée, je n'irai pas à l'église. Il reste le salon funéraire, et comme la dame disait, c'est une espèce de fast food de la mort, qui est complètement dépourvue de rite de passage, de symboles pour amorcer une étape importante : le deuil. Ce n'est pas parce qu'il y a un PowerPoint de ce que j'aimais dans ma vie que les gens vont pouvoir faire un deuil. Et c'est un gros manque dans nos sociétés, et la base de plusieurs consultations de psy, à ce qu'il paraît… J'ai donc appris que la théologie peut ne pas être liée à l'institution religieuse, et qu'il est possible de séculariser un rite, sans tomber dans le cliché. Il faut que je réfléchisse à tout ça, c'est trop différent de ce que je connais, mais en même temps, très près. Vraiment intéressant.

Matin de Séminaire, Simoncouche

C'est MAGNIFIQUE ici. Les gens sont sympathiques, on a bien du plaisir, et on a tous un peu de de difficulté avec le concept global du cours, et du séminaire, donc, je fais partie de la gang, ouf!

Cet après-midi, on va faire un tour en forêt, pour tenter de... je sais pas si j'ai compris, trouver les symboles qui m'habitent, quelque chose dans le genre. Mais bon, on va marcher en forêt, ça ne peut qu'être agréable. Il y a des beaux Rabaskas de disponibles, il me semble que je serais encore en meilleure position pour m'intérioriser si on faisait un tour :p

Vendredi

Je pars dans 20 minutes pour mon premier séminaire sur l'imaginaire collectif... Sérieusement, je ne sais pas. Après le dernier cours, j'ai un peu peur que ça ne me ressemble pas trop... mais bon, on va bien voir.


***

Premières périodes cet après midi. Un groupe a été l'enfer, ça part mal... et l'autre, super. De retour dans le monde de l'enseignement...

Jogging

Je cours depuis environ 6 semaines, 3 fois par semaine. J'essaie de garder le rythme, c'est assez facile puisque je ne travaille pas, mais ça va se compliquer la semaine prochaine, puisque j'aurai un contrat à 50% (by the way, suis bien contente, c'est une petite tâche qui va me permettre de rester à l'Université et faire un minimum de sous). Donc, je cours. C'est fascinant comment la forme peut venir vite en courant, c'est souvent les muscles qui ont de la difficulté à suivre. Moi ça va, de façon générale.

Je me suis acheté une bebelle : l’Apple Nike + Apple sensor. Ça faisait un bout de temps que je connaissais son existence, mais je ne m'entraînais pas. Donc, je me suis commandé des nouvelles chaussures (pas un luxe, malgré que là, j'ai les talons en sang... vive briser une paire de chaussures !) et ce petit bidule qui est dans la chaussure, plus un capteur sur mon iPod. Pendant qu'on court, à n'importe quel moment, ça donne le temps, la distance parcourue, la vitesse en min/km. À la fin, ça donne également les calories, et la vitesse moyenne. On peut aussi se synchroniser avec le site de Nike +, et ça donne des jolis petits graphiques, on peut voir notre progression de course, se donner des défis... Je suis bébelleuse, ce n’est pas un secret, j'adore ce genre de truc !

Voici le graphique de ma course d'aujourd'hui :

J'ai l'impression qu'il y a eu un problème dans le capteur vers le premier kilomètre, parce que je n'ai pas ralenti à 8min/km, c'est impossible. La première moitié de ma course, j'étais assez constante, à 5min50 sec/km. Le graphique de la 2e moitié est moins précis, parce que c'est mercredi. Et le mercredi, c'est le jour des intervalles. Je me demandais comment allait réagir le capteur. Il semblerait qu'il travaille avec des moyennes, parce qu'on ne voit pas le up and down qu'une courbe plus précise devrait avoir. J'ai quand même une mesure qui a été prise à 3min31sec/km, c'est bien. Et on voit ensuite que j'ai terminé la course de façon plus constante, mais plus rapide qu'au début, à environ 5min/km.

Sympathique, non ? Un truc intéressant, c'est que je sais maintenant que mon trajet habituel, c'est 6km. Je pensais que c'était 5 km. Je suis assez fière de moi-même, c'est ma course de base. Parfois, je vais plus loin. J'ai déjà hâte à la prochaine course pour voir mon petit graphique. J'suis bébé, mais bon, c'est un élément motivateur comme un autre !

Symboles

Oh là ça commence à me dépasser un peu. J'ai compris la signification d’« éclaté » et « flyé » dans le plan de cours. J'ai écouté une sommité hier, pendant 3h, et j'ai passé 3h à me demander ce que je faisais là. Ce n’est définitivement pas ma branche.

M.Marc Girard était notre conférencier. C'est un théologien de renommée, il parle une dizaine de langues et est expert des symboles. Le monsieur est très intéressant. Mais ouf, ce n’est pas mon domaine.

Je résume, comme j'ai compris :

Qu'est-ce qu'un symbole ? Le symbole a pour caractéristique de relier le symbolisant (chose qui est accessible à mon expérience) et le symbolisé (niveau qui échappe à mon expérience directe). Il y a plusieurs niveaux de symboles, il y en a qui sont complètement arbitraires (la constante C pour représenter la vitesse de la lumière) et il y en a qui sont totalement universels, comme l'aile qui symbolise la légèreté, la liberté. Dans toute société, il existerait des symboles communs, comme l'aile, l'eau, le feu, les arbres. Cette dernière catégorie de symbole consisterait un langage, le langage symbolique, qui est un langage commun à l'humanité, notre « langue première ». Et ce langage serait un langage concret, qui nous donnerait accès à notre réalité profonde, au « tout », contrairement au langage parlé, à une langue, qui serait un langage abstrait parce qu'il est nécessairement une interprétation de la réalité, et qu'il n'est capable que d'illustrer une partie de la réalité. Ce langage ne donne pas accès à la réalité complète.

Cette langue commune puiserait dans un grand réservoir commun de symboles, qu'on appelle « L'inconscient collectif » (Carl Jung). Cette notion expliquerait pourquoi, par exemple, des Inuit rêveraient à des serpents, même s'ils n'en ont jamais vu. Il s'agit d'une expérience de l'humanité inscrite dans l'inconscient collectif. L'intuition serait également un autre élément qui s'expliquerait par le fait qu'on puise dans notre inconscient collectif.

Le tout mène au mythe, qui serait « un symbole au second degré » (Ricoeur). Un mythe passe à travers des symboles, qui à première vue sont culturels, mais vont souvent être universels.

M.Jean a terminé sa conférence en soulignant l’importance de la concrétude totale, nous faisons partit d’un tout humanité et un tout cosmique et nous sommes en relation avec l’ensemble du cosmos. La pensée symbolique a le pouvoir de nous garder en lien avec ce tout cosmique.

Je ne sais même pas si je suis clair.

Est-ce que je vous avais dit que c'était flyé ? Boy j'ai de la misère avec ce type de notions. C'est un peu trop cosmique pour moi. En même temps, ce n'est pas quelque chose à nier en bloc. Mais... C'est tellement loin de moi, je ne suis pas à l'aise de patauger dans ces concepts. En fait, je fais un effort d'ouverture, pour tenter de me laisser imprégner de ces notions, mais c'est difficile. Je sens par contre que je m'adoucis un peu, mais mautadit, ce n’est pas évident ! J'ai l'esprit plus cartésien que je pensais. Les sciences humaines, la psy, la philo... ce n’est définitivement pas quelque chose de naturel chez moi !

Système mondial, économie et développement durable

Dans l'Encyclopédie du Développement durable, on fait état de deux façons de voir notre système mondial. Il en existe d'autres, mais celles-ci méritent attention.

La première se situe dans le prolongement de la théorie “orthodoxe” (ou néo-classique) qui fonde le système existant autour des règles de l'économie (puisque ce mode de développement se caractérise par la domination des préoccupations économiques) : elle ignore les limites de la “nature”et affirme que la croissance économique, objectif central de ce mode de développement, peut être rendue “soutenable” dans la longue échéance à condition de substituer du capital technique au capital naturel, grâce au progrès technique, et à condition d'améliorer la prise en compte par les mécanismes marchands (c'est-à-dire par le système des prix) de tous les effets de cette croissance, y compris ceux que l'on appelle aujourd'hui des “externalités”, justement parce qu'elles demeurent en dehors du calcul du prix (par exemple les effets de pollution d'une industrie ou d'une activité de transports).

La deuxième interprétation pousse le raisonnement systémique beaucoup plus loin :plutôt que d'intégrer l'environnement dans l'analyse économique orthodoxe, elle affirme qu'il faut considérer le système économique comme une simple composante du système social, qui lui même n'est qu'une partie de la biosphère, qui s'intègre à son tour dans l'écosystème de notre planète et de notre univers.L 'intérêt d'une telle analyse est de subordonner les lois de l'économie à celles de la société, et celles-ci à celles de l'univers physique qui abrite l'espèce humaine, avec les lois de rareté qui gouvernent cet univers : d'où le rappel - par l'économiste roumain Nicholas Georgescu-Roegen en particulier7 - des lois de la thermodynamique et de l'entropie, avec la limitation inévitable qui en découle pour l'utilisation par l'homme des ressources naturelles. Cette approche vient évidemment contredire la présentation traditionnelle de l'économie comme un circuit de flux fermé indéfiniment reproductible, et lui substituer l'idée d'un système ouvert caractérisé par un flux irréversible de ressources qui n'est pas illimité.Les conséquences de ces deux interprétations contradictoires sur la “soutenabilité” du modèle de développement, à la fois dans les stratégies nationales et sur le plan international,se révèlent ainsi diamétralement opposées.

L'Encyclopédie du Développement Durable, no 34 Avril 2007

L'opposition entre ces deux théories est frappante. Autant la première semble être la réalité sous laquelle on vit, celle qui guide nos décisions, tant au niveau mondial que local. Autant que la deuxième semble être la réalité logique, celle qui devrait s'appliquer, aller de soi. L'économie n'est qu'une composante de notre société, non ? Pourtant, l'image qui me vient en tête est celle d'un envahisseur, d'une souche invasive qui est tellement performante qu'elle a envahi tout le système, et qui le contrôle maintenant de bout en bout. Les grands industriels, la bourse, les sociétés internationales, lobby, bref, les dignes représentations de l'économie, tous semblent avoir beaucoup plus de pouvoir décisionnel sur tous les plans, entre autres nécessairement le gouvernement, que les autres secteurs de la société. Et au niveau local, qu'est-ce qui mène, en premier lieu, les décisions ? Encore et toujours l'économie, aussi à petite échelle qu'elle peut être.

L'autre aspect frappant de la deuxième approche nous fais réaliser que nous, et nos ressources, sommes tellement rares et limité, si l'on met en perspective que nous faisons partit de l'univers ! Un monde comme le nôtre est unique, et si petit à comparer à l'immensité qui nous entoure. Ça brise les murs de l'imaginaire.

Propriétés émergentes

Les propriétés émergentes sont ce qui, à mon sens, qualifie la biologie. Je crois que c'est ce qui m'a fait choisir cette science initialement, dans mon cursus. Je n'ai jamais vraiment aimé mes cours de biologie dans les faits, c'est si… nébuleux. Le cycle de Krebs, l'ADP qui accumule de l'énergie et devient de l'ATP… Comment une molécule peut transporter de l'énergie, comment un neurone transmet de l'information, avec l'interaction des ions potassium et je ne sais plus quoi. Je n’y ai jamais compris grand-chose. J'ai eu beau essayer, il y avait toujours quelque chose qui me dépassait.

Et ce qui me dépassait était la même chose qui me fascinait, et me fascine toujours d'ailleurs, c'est les propriétés émergentes de la vie. On a beau étudier toutes les parties du cerveau, ça n'explique pas comment on peut avoir des pensées. On a beau étudier tous les processus chimiques et les composantes d'une cellule, on ne sait pas pourquoi elle est vivante, se modifie. Les propriétés émergentes sont des propriétés qui apparaissent dans un tout, mais qui ne s'expliquent pas par la somme de ses parties. La vie est la plus fascinante des propriétés émergentes qui existe.

Voilà que dans mes lectures, Suzuki aborde ce sujet. Il explique que la science étudie des parcelles de l'univers, des parties isolées, et qu'il est impossible de coller les morceaux, dans une vision linéaire, pour comprendre le tout. C'était pourtant la vision newtonienne, qui nous a permis de comprendre bien des choses quand même. Mais on ne peut donc prédire les propriétés d'un nouvel ensemble en connaissant les propriétés isolées des parties qui le composeront. Il émerge donc de la complexité. Il existerait une science de la complexité, qui étudie les systèmes complexes et les propriétés souvent imprévisibles qui en émergent. Et de la complexité, il émergerait un chaos. Ce qui est surprenant, c'est qu'on s'aperçoit que de ce chaos émergerait ensuite de l'ordre. Imaginons, par exemple, que se retrouve sur une île déserte une centaine d'individus, provenant de diverses cultures, suite à un crash d'avion. Même si nous connaissons ces individus, nous ne savons pas comment l'ensemble du groupe réagira, soit quelles seront les propriétés émergentes de ce nouvel ensemble d'individus, et cette réaction de groupe sera fort probablement chaotique. Et puis, avec le temps, un certain ordre sera mis en place, un ordre qui est aussi imprévisible émergera, et ce groupe d'individus formera une nouvelle microsociété, avec une organisation nouvelle. Le principe ne s'applique pas seulement dans les systèmes sociaux, mais également dans des systèmes météorologiques, physiologiques et même économiques. Dans la nature, le chaos tend vers l'ordre, l'organisation, même si ce n'est pas déterminé. Les feuilles des arbres sont réparties de façon très ordonnée sur les branches, les exemples de symétrie sont surabondants, que ce soit la symétrie chez les animaux ou à l'intérieur d'un brin d'herbe. Les cours d'eau sont organisés dans un système très complexe, mais aussi très organisé, et est équilibré dans un cycle de l'eau très régulé. On peut imaginer le chaos lorsque l'eau a condensé sur la planète, a formé les océans… Ce devait être très chaotique.

Les propriétés émergentes sont insaisissables, ce qui en fait un concept des plus intéressant. Il est facile d'imaginer la complexité de prédire ce qui arrivera à notre système planétaire, quelles propriétés émergeront des énormes changements que nous sommes en train d'effectuer dessus. Que ce soit des gaz à effet de serre, mais également de la construction de villes, des transports, des modifications des cours d'eau, de l'enfouissement des déchets. Quelles seront les propriétés qui émergeront de ce nouveau système complexe, qui possède maintenant des propriétés différentes ? Nous avons beau étudier les propriétés individuellement, de tout bord tout coté, mais il restera toujours l'insissable émergera. Et ces nouvelles propriétés émergentes, nous ne pourrons les étudier que lorsqu'elles se manifesteront, quelle qu'en soit la nature.