Le dialogue
par Marie-Élaine Jobin, dimanche 13 septembre 2009 à 11:01 :: Imaginaire et controverses :: #24 :: rss
Je relis mes notes de cours. Quelques jours plus tard, c'est intéressant de voir ce qu'on a retenu et oublié, et de voir si ce qui nous avait frappés au départ nous frappe encore.
Une citation intéressante, vue dans le cours de mardi dernier :
« Je suis un homme et rien de ce qui est humain ne m'est étranger » Térence
Nous vivons dans un univers de controverses, dont les bioéthiques et socio environnementale m'intéressent particulièrement. Une des caractéristiques de ces débats, est les discours disjoints, qui empêchent le dialogue. Les idées et des opinions souvent tranchées, et parfois extrêmes, et les gens qui les expriment sont impliqués émotivement. Cette citation nous dit que nous sommes tous des Hommes, donc nous avons tous la capacité de ressentir ce qu'un autre être humain ressent, et capable de le comprendre. On peut ne pas être d'accord, mais on peut se mettre dans l'état émotif de l'autre. Cet effort de compréhension, qui n'empêche pas d'exprimer et de posséder son propre discours, permet toutefois une démarche de dialogue.
Dialoguer, pourtant un acte qui semble si simple : je te parle, tu me parles, nous nous écoutons, nous échangeons. Je prends pourtant conscience que dans les faits, il n'y a pas grand-chose de simple dans le dialogue. À bien y penser, j'en avais déjà conscience : les gens parlent, parlent… mais écoutent-ils ? J'ai déjà eu une conversation avec mon père sur ce sujet il y a plusieurs années. Et on se disait que les gens ont besoin de parler d'eux, ils ne cherchent que quelqu'un pour les écouter. Ce que nous disons sur nous-mêmes ne les intéresse que dans la mesure où ils peuvent le relier à une de leur propre expérience pour pouvoir nous l'exprimer. Depuis ce moment-là, j'essaie d'attendre que quelqu'un s'intéresse à moi réellement pour parler. J'essaie, parce que dans le vrai, on a tous tendance à dire « oui, mais moi… ».
S'intéresser simplement et réellement à l'autre, je ne sais pas si c'est naturel. Alors non pas seulement s'intéresser, mais se mettre à la place de l'autre pour tenter de comprendre ce qu'il ressent et ce qui l'anime, lorsqu'il a un discourt totalement à l'antipode du nôtre, c'est un exercice qui doit demander un effort conscient particulier.
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