À partir de quoi je reconstitue ma cohérence ?
par Marie-Élaine Jobin, dimanche 27 septembre 2009 à 14:05 :: Imaginaire et controverses :: #33 :: rss
Nous avons analysé divers textes, tous portants sur la controverse des changements climatiques. Et nous avons tenté de catégoriser les arguments, à partir des catégories dont j'ai déjà fait mention dans un billet précédent : science, éthique, économique, juridique et symbolique.
Généralement, lorsqu'on analyse un texte, peu importe lequel, on a tendance à le classer dans une des catégories. Ce qui est intéressant, c'est que lorsqu'on prend le temps de bien le lire, il y a des arguments d'ordre différent du discours général qui apparaissent. Un discours très scientifique peut, entre deux phrases, glisser un argument éthique, tout à fait subtilement. Ce qui complexifie le discours, et parfois, lui fait aussi perdre de la cohérence, en d'autres mots, créée une confusion catégorielle. Parfois par contre, la cohérence est tout de même là, les diverses catégories semblant se compléter l'une l'autre.
Ça mène où ? Bien dans un premier temps, mieux comprendre ce qui interpelle l'autre, ce qui l'habite, ce qui importe, pour lui. Et ensuite, on peut établir un dialogue, puisqu'on peut élaborer notre propre discours dans la même catégorie.
La question qui nous a été posée est « à partir de quoi je reconstitue ma cohérence ? » Je ne suis pas certaine de bien avoir saisi la question, mais je crois que ça signifie : moi, mes arguments, ils sont dans quelle catégorie ? Et comment je fais pour être cohérente avec ce que je dis, pour ne pas créer de confusions catégorielles ? Pas évident. Je sais que j'ai une forte tendance rationnelle, à me baser sur les arguments scientifiques, presque aveuglément puisque ce n'est pas moi qui mène les recherches, mais j'ai beaucoup confiance en notre système scientifique. Le « vrai » du « faux » est pour moi quelque chose de plus « solide » pour s'appuyer, plus que quelque chose qui est « légal ou illégal » ou bien « bien ou mal ». C'est soit plus artificiel (la légalité), ou moins rationnel (l'éthique). Attention, je ne peux être indifférente aux autres catégories. Il est important de les prendre en compte, elles sont essentielles, mais j'ai plus de difficulté à les manier, à les exprimer et à m'en servir pour appuyer ce que je veux dire. Même chose pour ce qui est rentable ou non rentable (économique) ou ce qui a un sens ou pas (symbolique). M'ouvrir davantage à ces champs d'interprétation des divers aspects est quelque chose qui doit maintenant prendre une plus grande place dans ma façon de comprendre un discours, et éventuellement de bâtir le mien. J'ai de la difficulté à admettre qu'ils sont sur un pied d'égalité argumentaire, mais je ne peux nier qu'ils apportent tous un éclairage différent, et qu'aucun ne puisse être négligé.
Commentaires
1. Le lundi 28 septembre 2009 à 17:42, par Marie-Christine Bouchard
2. Le vendredi 16 octobre 2009 à 13:39, par Marie
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